Observateurs internationaux: L’Afrique en a t-elle réellement lors des scrutins ?

Au moment où les résultats du vote du 7 octobre se font attendre au Cameroun, plusieurs organisations nationales et internationales devront rendre leurs conclusions sur la viabilité de cette élection. 

Depuis la fin des opérations de vote sur l’étendue du territoire national camerounais, on a assisté à des déclarations politiques embarrassantes consistant à se donner la victoire pour certains, et dénoncer certaines irrégularités constatées çà et là pour d’autres. A cet état de faits, s’est ajoutée l’affaire des faux observateurs de l’ONG allemande Transparency International.

Tout d’abord, les observateurs sont des témoins importants de la crédibilité d’une élection sur le plan international. Ces entités visent à témoigner en toute impartialité du déroulement du scrutin pour le compte des électeurs et de la communauté internationale. Connaissant l’enjeu de l’élection présidentielle du 7 octobre dernier au Cameroun, plusieurs observateurs indépendants ou désignés par des organisations internationales se sont accrédités auprès du ministère de l’Administration. Missionnés par des ONG et autres institutions internationales  dont l’Union africaine (UA), la CEDEAO,  la SADEC ou encore  la CEAC, pour le cas de l’Afrique, leurs rapports sont attendus pour permettre à la communauté internationale de se prononcer sur la viabilité de cette  l’élection présidentielle.

C’est dans cette lancée que s’inscrit la récente sortie du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat qui a appelé à « une plus grande retenue » des différents acteurs dans un communiqué rendu public ce début de semaine. Toutefois, une polémique a retenti comme une onde de choc concernant Transparency International. L’ONG nie en effet avoir envoyé ses agents pour le scrutin du 7 octobre, ce alors que des individus ont été présentés comme étant ses observateurs lors d’une des éditions du journal de la télévision nationale camerounaise.

Des observateurs déboutés

Tout commence avec le passage d’un groupe de sept personnes identifiées comme des observateurs de Transparency sur la chaine de télévision nationale. Plus tard, l’ONG allemande dans un communiqué publié sur son site nie avoir envoyé quelconques observateurs pour l’élection présidentielle au Cameroun. « Nous n’avons pas envoyé de mission internationale d’observation des élections au Cameroun. Notre section locale au Cameroun a mis en place un mécanisme de rapport destiné au grand public et a travaillé avec un réseau de citoyens pour signaler les irrégularités éventuelles à la section. Cependant, aucune de ces activités ne fait partie d’une mission d’observation électorale officielle », peut-on lire sur le site de l’ONG par rapport à cette actualité.

De même, les personnes incriminées reconnaissent n’avoir jamais été mandatées par l’ONG pour la cause, même si elles ont été formées par celle–ci comme l’a indiqué l’une d’entre elles dans un échange avec le représentant Cameroun de l’ONG allemande. Elles se seraient présentées comme des observateurs indépendants et c’est à ce titre que les autorités camerounaises les ont accréditées. Bien que ces observateurs indépendants ne soient pas mandatés, elles précisent tout de même que leur rapport était destiné à la plateforme de  Transparency International dont ils ont accès.

Les rapports entre le Cameroun et Transparency International ne sont pas au beau fixe. Les autorités camerounaises s’offusquent régulièrement des rapports de l’ONG, qui avait classé le pays en tête du hit-parade des pays les plus corrompus de la planète.  Le dernier couac est survenu durant l’été lorsque des vidéos virales présentaient  des hommes armés exécutant des femmes et des enfants comme ceux de l’armée camerounaise.

Par Simon Metsengue