Nigeria : Lutte contre la corruption ou opération de campagne électorale?

A 4mois de la présidentielle dans le pays, le président Muhammadu Buhari met en place un train de mesures visant à démanteler un réseau de corrompus qui comprendraient plusieurs hauts commis de l’Etat.

Ce train de mesures est une suite logique des actions que le gouvernement Buhari mène depuis sa prise de fonction il y a 4 ans. Le président nigérian avait alors promis de faire de la lutte contre la corruption l’une de ses préoccupations majeures. Pour lui, aucun développement harmonieux ne peut s’opérer dans un pays gangréné par la corruption. De la parole aux actes, il a pris quelques mesures dont celle de décréter « l’Etat d’Urgence » contre la corruption en juillet dernier. Celle-ci vise à renforcer la lutte contre ce fléau dans son administration.

A la suite donc de «  l’Etat d’urgence » décrété en juillet dernier, le président, candidat à sa succession, vient de placer sous surveillance plusieurs dizaines de personnalités nigérianes issues de son administration et de l’opposition. Les personnalités dont les noms sont sur cette liste non officielle sont interdites de sortie du pays  depuis le 13 octobre dernier. Trois jours plus tôt, il a invité par Tweeter ses compatriotes détenteurs d’avoirs  à l’étranger à les déclarer sous peine de poursuites judiciaires.

A quelques mois du terme de son mandat, le président Buhari mène une lutte acharnée contre ce fléau qui mine l’économie nigériane. A ce jour, selon la Présidence nigériane, les fonds récoltés de cette lutte sont estimés à 1,6 milliards de dollars us. Ces fonds participent au financement de nombreux projets au Nigeria.

Cette mesure n’est tout de même pas dénuée d’intérêt politique. Au moment où des soutiens de poids tel que Atiku Abubakar, ancien vice-président du Nigeria (Mai 1999-Mai 2007), quittent le All Progressives Congress (APC), le parti au pouvoir, pour rallier l’opposition, Muhammadu Buhari espère avec cet acte séduire à nouveau l’électorat.

Par Simon Metsengue