Cameroun : Biya, au-delà de la victoire,  comment panser les blessures ?

Le candidat Paul Biya a été déclaré vainqueur après de long mois de batailles électorales. Mais le processus électoral a été émaillé de nombreuses controverses entre débats poignants sur les réseaux sociaux,  déclarations de victoire de certains candidats de l’opposition, et l’examen puis le rejet des différents recours déposés auprès du Conseil constitutionnel pour l’annulation de l’élection.

Au terme de la lecture des rapports des 58 comités départementaux de recensement des votes et conformément à la loi électorale en vigueur, le Conseil constitutionnel a déclaré Paul Biya vainqueur du scrutin présidentiel du 7 Octobre dernier au Cameroun. Le président sortant au pouvoir depuis 36 ans avec ses 71.28% des suffrages, devance Maurice Kamto du MRC (14.24%) et Cabral Libii, du parti Univers (6.52%) .

Au-delà de la victoire d’un camp et la de défaite des autres, le  vivre-ensemble   du Cameroun a été mis à l’épreuve. Ce malaise s’est illustré sur les réseaux sociaux. Des propos d’une grande violence étaient distillés dans des groupes, pages ainsi que les comptes Facebook et WhatsApp et étaient partagés à tout vent. Certains exprimaient la haine des institutions, d’autres s’en prenaient à des tribus et d’autres encore appelaient carrément à l’insurrection.  Au-delà de cette actualité récente, il y a la question du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, deux régions anglophones en proie à des velléités sécessionnistes, dont l’activité économique et la paix sont précaires depuis deux ans.

Le président Biya qui prêtera serment dans les brefs délais ne sera plus seulement le président  national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), mais le président de tous les Camerounais. A ce titre il aura donc à panser les blessures laissées  par cette échéance électorale, mais aussi celles liées à la question des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le président camerounais est reconnu être un homme d’expérience et un pèlerin de la paix. On a pu le constater après l’élection de 1992 et durant le conflit frontalier de Bakassi qui opposait le Cameroun au Nigeria. Il est donc la personne indiquée pour susciter à nouveau le vivre ensemble et le patriotisme qui sont mis à rude épreuve par la montée des replis identitaires et par les velléités séparatistes. Cette réconciliation est autant cruciale pour le Cameroun que pour  le golfe de Guinée.

Toute déstabilisation du Cameroun n’épargnera en effet aucun pays de la  région  la plus riche  du monde après le golfe persique. Il est donc nécessaire de taire ces querelles électorales, de parfaire les  zones d’ombre notamment le code électoral pour des articles à polémique, afin d’aboutir à un consensus acceptable par toutes les parties. Ensemble le peuple camerounais doit se donner la main. Le destin du Cameroun et celui  du Golfe de Guinée sont en jeu.

Par Simon Metsengue