Parlement panafricain : Les enjeux de la session de Kigali

La première session de la 5e législature de cette institution s’est ouverte hier à Kigali au Rwanda avec pour objectif majeur, la ratification du Protocole de Malabo.

Cinq mois après la réélection du Camerounais Roger Nkodo Dang à sa tête, la 5e législature du Parlement panafricain tient depuis hier lundi sa session à Kigali la capitale rwandaise. Durant deux semaines, les parlementaires du continent vont éplucher les questions relatives au fonctionnement de l’organe législatif de l’Union africaine.

Le sujet sur toutes les lèvres est la ratification du Protocole de Malabo datant de 2014. Ce document doit muter le Parlement panafricain en un véritable organe législatif de pleins pouvoirs capable de voter des lois opposables aux Etats membres de l’Union africaine (UA). Pour l’instant, le Parlement de l’UA est cantonné à un rôle consultatif. A ce jour, seuls dix pays ont ratifié le texte, il en faut 18 de plus pour son entrée en vigueur.

Le choix de la tenue de cette session n’est donc anodin. Le Parlement panafricain compte en effet sur le chef de l’Etat rwandais Paul Kagamé, par ailleurs président en exercice de l’UA et président de la Commission des réformes de l’organisation continentale, pour convaincre ses pairs du bienfondé du Protocole pour l’atteinte des objectifs inscrits dans l’Agenda 2063 de l’institution panafricaine. Le président rwandais a d’ailleurs répondu favorablement à cet appel hier en ouverture des travaux au Kigali Convention Center.

Le statut des membres du Parlement panafricain est l’autre dossier sur la table des parlementaires. Ici, il s’agit d’aborder la question de l’immunité et autres privilèges à accorder aux élus du continent. Ce sujet relève de facto la reconnaissance effective du passeport africain lancé par l’UA depuis juillet 2016. De même, le rôle des parlementaires, membres du Parlement panafricain, au cours des missions électorales devrait être au cœur des discussions pendant la session de cette institution. Tout comme seront évoqués les sujets liés à la paix, la sécurité et la lutte contre la corruption, si chers à l’UA.

Par Ange Atangana