CEMAC : Cameroun et Gabon sous la menace des « fake news » et des cyberattaques

De la fausse mort du président gabonais annoncée le weekend dernier aux attaques des sites publics, ces deux pays d’Afrique centrale sont devenus les cibles des hackeurs dont l’objectif est d’infiltrer leurs systèmes informatiques et nuire à leur bon fonctionnement.

Les médias sociaux rapidement relayés par certaines télévisions africaines ont annoncé le 27 octobre dernier la mort d’Ali Bongo, président gabonais. La nouvelle s’est répandue partout en Afrique, créant de nombreuses inquiétudes à Libreville, capitale du Gabon et dans la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) qui venait d’abriter un sommet extraordinaire de ses Chefs d’Etat à N’Djamena. Selon certaines sources gouvernementales, M. Bongo aurait eu un malaise dû à son agenda très surchargé à Riyad et a été hospitalisé. Même s’il n’a pas été revu en public depuis lors, le gouvernement gabonais dément formellement la thèse de son décès.

Alors que les Gabonais sont encore dans l’embarras d’un probable « fake news », les sites de certaines institutions ont été ciblés ce lundi par une cyberattaque qui a paralysé le réseau informatique de l’administration gabonaise. En effet, une soixantaine d’entre eux  ont été indisponibles sur plusieurs heures. A ce jour, les sites nationaux sont accessibles sur le plan national uniquement pour les opérateurs connectés au point d’échanges internet (GAB-IX), renseigne le communiqué de l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF).

Cette cyberattaque n’est pas isolée. Au Cameroun, certaines sources parlaient aussi d’une tentative de piratage du réseau informatique d’Elections Cameroon, l’agence chargée de l’organisation des élections du pays. En outre, la toile camerounaise est régulièrement inondée de “fake news” susceptibles de semer le doute au sein de la population, ou même de menacer la stabilité sociale.

C’est le lieu pour tous les pays de la CEMAC de redoubler de vigilance. Les attaques cybernétiques sont les plus complexes qui mettent à mal les systèmes de défenses même des pays les plus développés. On s’en souvient de la cyberattaques qui a paralysé en début d’année plusieurs services vitaux des USA, la France, la Russie la Chine et autres. Cette menace est donc à prendre au sérieux. Ce d’autant plus que les pays de cette zone économique sont depuis plusieurs années déjà victimes des velléités de déstabilisation.

Par Simon Metsengue