Crise anglophone : entre apaisement et adversité !

Pendant que les autorités camerounaises amorcent le plan d’urgence pour la reconstruction de ces deux régions affectées et  que le procès des séparatistes arrêtés au Nigéria s’ouvre à Yaoundé, les combats reprennent avec la mort d’un Américain au Nord-ouest  du pays.

Le chef de l’Etat nouvellement réélu du Cameroun, n’a pas attendu son investiture pour prendre à bras le corps la question de la crise des régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest du pays. Il a convoyé un important arsenal de matériaux de construction à destination du Sud-ouest du pays, pour entamer la reconstruction annoncée à la fin de son précédent mandat, et qui a bénéficié d’un élan de cœur des citoyens et des partenaires multiples du Cameroun. Cette  reconstruction est estimée à environ 20 million d’euros.  L’action vise à permettre aux déplacés internes et externes de revenir sur leurs terres et de pouvoir se reconstruire. Elle est coordonnée par les chefs de village, les élus locaux et l’autorité préfectorale.

Dans ce sillage, le procès des présumés séparatistes arrêtés au Nigeria, la bande d’Ayuk Tabe, s’est ouvert hier 1er Novembre. Procès au cours duquel, les prévenus  ont demandé la liberté provisoire pour mieux préparer l’audience. Cette étape lève donc toutes inquiétudes liées à l’assassinat de certains des prévenus. Ayuk Tabe et ses complices sont accusés d’atteinte à la sécurité, à l’intégrité de l’Etat et de terrorisme. L’affaire a été renvoyée au 15 Novembre prochain.

Sur le terrain, l’ordre n’y règne pas encore. Bien au contraire, il y’a un regain de tension depuis la fin des opérations de vote. Ceci s’est vérifié mardi dernier à travers le décès d’un pasteur Américain, survenu à 15 km de Bamenda, la capitale régionale  du Nord-ouest. Charles Wesco est arrivé au Cameroun en compagnie de son épouse et ses huit enfants il y a deux semaines ; ce religieux s’est retrouvé dans un lieu risqué et son véhicule a été pris pour cible. Il a reçu plusieurs balles dont la provenance reste encore non élucidée. Mais le ministre camerounais de la Défense a tenu à accuser les séparatistes d’être à l’origine de ce crime odieux.

Cette situation est tout à fait regrettable pour la coopération entre les deux pays. Ceci étant, il est tout de même à déplorer qu’une famille américaine se soit retrouvée dans une zone aussi dangereuse  alors qu’à plusieurs reprises, la mission diplomatique américaine  à Yaoundé a toujours restreint l’accès des Américains dans cette zone. On se souvient encore de l’escorte d’un  haut fonctionnaire français ou mieux du ministre de la Défense du pays  qui a été prise d’assaut par des balles des séparatistes.

Pour l’heure,  les autorités camerounaises ont prescrit une enquête approfondie afin de découvrir les responsables. Le département américain quant à lui s’est abstenu pour l’instant de tirer une conclusion hâtive.

Simon Metsengue