Echanges commerciaux : La Mauritanie suspendue de l’AGOA

Par une lettre rendue publique, le président américain, qui reproche à Nouakchott la pratique de l’esclavage, annonce que cette décision prendra effet dès janvier prochain.

La Mauritanie ne pourra plus bénéficier des avantages liés à l’African Growth Opportunities Act  (AGOA, loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique). C’est par une correspondance du président américain adressée au Bureau du commerce que la nouvelle a été rendue publique en fin de semaine dernière. Donald Trump reproche à Nouakchott les pratiques du travail forcé et de l’esclavage moderne.

« La Mauritanie ne respecte pas les critères d’éligibilité de l’AGOA. En particulier, la Mauritanie n’a pas progressé dans la lutte contre le travail forcé, précisément contre le fléau de l’esclavage héréditaire. En outre, le Gouvernement mauritanien continue à limiter la capacité de la société civile à travailler librement pour résoudre les problèmes liés à la lutte contre l’esclavage », indique le document. Cette décision prendra effet le 1er janvier 2019 et privera ce pays sahélien, des avantages en matière de préférence commerciale avec les Etats-Unis.

Après plusieurs tentatives, ce n’est qu’en 2007 que la Mauritanie a été retenue pour ce programme du fait de la crise politique que traversait le pays à l’époque. Aujourd’hui classé parmi les territoires les plus pauvres de la planète, il est régulièrement pointé du doigt pour la situation des droits de l’homme. S’agissant de sa suspension de l’AGOA, le président américain a toutefois indiqué que le pays sera réintégré une fois que des progrès tangibles seront réalisés, conformément aux critères d’éligibilité de l’AGOA.

Lancé en 2000, l’AGOA est présenté comme « la pierre angulaire des relations commerciale entre l’Afrique et les Etats-Unis ». En 2017, les échanges commerciaux dans le cadre de cette initiative étaient évalués à 39 milliards de dollars. L’accord est souvent décrié par certains analystes qui y voient un nouveau moyen de pression de Washington sur ses partenaires africains. De même, seuls les Etats-Unis peuvent décider de suspendre un pays de l’AGOA en cas de désaccord quelconque. A ce sujet, le Rwanda avait également été suspendu par l’administration américaine pour avoir haussé les droits de douanes des vêtements importés. Kigali estime en effet que l’importation des vêtements (déjà utilisés) constitue une entrave au développement de son industrie textile.

Cette décision du président américain intervient au moment où son secrétaire d’Etat adjoint chargé des Affaires africaines effectue sa première tournée sur le continent depuis récente nomination. Du 2 au 10 novembre, Tibor Nagy va se rendre successivement au Togo, en Guinée, au Mali et au Nigeria. Au menu des échanges avec les chefs d’Etat africains, la situation sécuritaire, économique et politique du continent.

Par Ange Atangana