Brazzaville-Kinshasa: La construction d’un pont entre  les deux villes se précise

Un accord de 550 millions de dollars vient d’être conclu entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Congo pour relier leurs capitales respectives. C’était en marge d’un forum sur l’investissement organisé par la BAD mercredi à Johannesburg en Afrique du sud.

Les deux capitales les plus proches du monde sont en passe de se rapprocher davantage. Kinshasa et sa douzaine de millions d’habitants et Brazzaville 1,8 million d’âmes, séparées de 4 km par le fleuve Congo, et dont les déplacements entre les deux villes ne sont actuellement possibles qu’en bateau ou en avion, seront connectées par un pont qui permettrait de relier Kinshasa au port en eau profonde de Pointe-Noire en une seule ligne ferroviaire.

L’accord paraphé jeudi 8 novembre entre les deux Congo et également signé par la Banque africaine de développement (BAD) en sa qualité de bailleur de fonds et Africa50, entreprise qui « dirigera le développement du projet », est donc l’un des projets concrets abordé à Johannesburg durant les 3 jours du Forum africain sur l’investissement qui s’achève ce 9 novembre. Cet ouvrage route-rail qui sera construit sur le fleuve du Congo est long de 1,575 km, et d’un coût estimatif de 550 millions de dollars. La mise en œuvre dudit projet devrait inclure également la construction d’un pont à péage, d’une voie ferrée, d’une route et d’un trottoir à chaque extrémité.

Retombées économiques du pont

Initialement conçu en 1991, ce projet de construction n’a pas été mis en œuvre faute de financement et aussi suite aux différents problèmes internes des deux Congo. Aujourd’hui, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) estime que la présence d’un tel pont entre Brazzaville et Kinshasa est une opportunité non négligeable et à saisir pour les deux pays. Car une fois achevé, l’infrastructure de transport « permettra non seulement de relier les deux villes, mais également de promouvoir l’intégration de la région par-delà les frontières », a déclaré le ministre du Plan de la RDC, Modeste Bahati Lukwebo.

En plus, l’ouvrage facilitera le développement de zones économiques spéciales et stimulera les échanges humains et économiques entre les deux villes, et donc entre les deux pays et devrait également permettre de réduire les risques et coûts liés aux seuls moyens de transport disponibles actuellement pour passer d’une capitale à l’autre (bateaux, avions). Sans oublier les échanges culturels que les deux pays ont quasiment tout ou presque en commun.

Le trafic actuel entre les deux capitales, estimé à 750.000 personnes et à 340.000 tonnes de fret par an, devrait passer à plus de 3 millions de personnes et à 2 millions de tonnes de fret d’ici 2025, a-t-on projeté lors du Forum sur l’investissement en Afrique. Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour la réalisation du pont.

Par Hermine Anenigne