Nigeria : Les raisons de la revalorisation du salaire minimum

Prise par le président Muhammadu Buhari sous la forte pression des syndicats locaux, la mesure vise à contrecarrer les hausses significatives des produits de première nécessité, constatées ces derniers temps dans le pays.

Comme bon nombre de pays africains l’ont fait ces dernières années, le Nigeria vient à son tour de procéder à la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Il passe désormais des 18 000 nairas (28 549 F CFA) fixés en 2011, à 30 000 nairas (47 569 F CFA).

Attendu depuis plusieurs mois, ce rehaussement est le fruit d’un accord intervenu en début de semaine entre le gouvernement nigérian et les syndicats locaux qui menaçaient de procéder à une grève générale. Candidat à un second mandat à la tête du pays l’année prochaine, Muhammadu Buhari a ainsi été contraint de valider en début de semaine, les travaux du comité mis en place en fin 2017 et chargé de présenter des propositions pour un nouveau SMIG. La nouvelle loi sera soumise au parlement nigérian dans les prochains mois pour adoption.

A travers cette décision, le Nigeria entend faire face aux récentes hausses significatives de produits de première nécessité au sein de sa population. Au-delà des relents politiques que pourrait également cacher cette mesure, il est question comme partout ailleurs en Afrique subsaharienne où les conditions de travail sont généralement précaires, de protéger les travailleurs contre les salaires excessivement bas et d’assurer davantage à tous les citoyens, un partage juste et équitable des fruits de la croissance.

Longtemps au bas de l’échelle, le Nigeria avec ce seuil de 47 569 F CFA, supplante désormais plusieurs pays en Afrique en terme de valeur du SMIG. C’est le cas du Bénin (40 000 F CFA), la Guinée Conakry (36 591 F CFA), le Cameroun (36 270 F CFA), le Togo (35 000 F CFA) ou encore la Mauritanie (30 000 FCFA). La  première puissance économique d’Afrique reste tout de même loin derrière des pays comme la Guinée Equatoriale (128 000 FCFA), l’Algérie (112 000 F CFA), le Congo (90 000 F CFA), le Gabon (80 000 F CFA) et voire le Tchad (60 000 F CFA), dont les salaires minimums restent appréciables.

Par Joseph Samuel Zoé