USA : L’administration Trump, contrainte à composer avec l’opposition

Malgré la victoire au Sénat,  le parti du président américain devra désormais faire avec les Démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants au terme des élections de mi-mandat.

Donald Trump ne bénéficiera plus autant des faveurs des élus américains. Au terme des élections de mi-mandat du 6 novembre dernier, le président américain devra davantage faire avec les Démocrates, désormais majoritaires à la Chambre des représentants, qui constitue l’une des deux instances du Congrès. Ses adversaires ont en effet remporté 223 sièges sur les 435 que compte la Chambre. Avec cette performance, ils dépassent la barre des 218 sièges requis pour obtenir la majorité.

Dorénavant plus nombreux au Congrès, les Démocrates pourraient donc mettre à mal la politique du président américain qui, jusqu’ici a profité de la bienveillance de ses camarades républicains pour faire passer les textes controversés sur l’immigration, l’abrogation de la couverture santé conçue par son prédécesseur Barack Obama (Obamacare) ou encore la coupe de nombre de programmes sociaux. Aussi, les élus démocrates peuvent exiger des contrôles minutieux des actions ainsi que des membres de l’administration américaine et même demander la destitution de l’actuel chef de l’Etat. Ce d’autant plus que des soupçons planent toujours sur le rôle joué par la Russie dans la campagne de Donald Trump pour la Maison-Blanche.

Néanmoins, ses camarades républicains restent majoritaires au Sénat où les résultats préliminaires leur donnent un avantage certain (51 sièges contre 46 sur les 100 en jeu) sur leurs rivaux démocrates. Contrairement à la chambre basse où ils ont connu une débâcle, les Républicains ont accentué leur main mise sur le Sénat où ils obtiennent de nouveaux sièges aux dépens de leurs adversaires. Il s’agit seulement de la cinquième fois qu’un président en exercice réalise cette prouesse.

Aux Etats-Unis, les élections de mi-mandat interviennent deux ans après la présidentielle. Elles permettent de renouveler les membres du Congrès ainsi que quelques élus dont les gouverneurs. Mais surtout, elles ont un impact sur le programme du président de la République. Une majorité dans ces deux chambres lui assure en effet l’application pleine de son programme proposé deux ans plus tôt, tandis qu’en cas de défaite, sa marge de manœuvre pourrait se retrouver réduite.

Depuis l’instauration du bipartisme dans le pays, le parti du président en exercice a rarement obtenu la majorité à la Chambre des représentants. Avec cette déconvenue au Congrès, on peut dire que le locataire de la Maison Blanche depuis 2016, aura du pain sur la planche pour mener son mandat jusqu’en 2020, date de la prochaine présidentielle et briguer un nouveau bail à Washington.

Par Ange Atangana