Gabon : Maganga Moussavou en attendant le retour d’Ali Bongo

Depuis l’internement du président gabonais à Riyad le 24 octobre, la confusion règne dans les hautes sphères de Libreville. La Cour constitutionnelle vient de désigner le vice-président pour assurer la continuité de l’Etat et du service public.

Depuis trois semaines, c’est l’incertitude, mêlée à une certaine inertie au plus haut sommet de l’Etat gabonais. Pour preuve, les Conseils de ministres d’habitude hebdomadaires ne se sont pas tenus pendant cet intervalle. La faute à une opacité autour de l’état de santé du président Ali Bongo. Le président gabonais est interné depuis le 24 octobre à Riyad, en Arabie saoudite. Aux dernières nouvelles, le locataire du Palais du bord de mer se remet d’un accident vasculaire cérébral et « est dans une phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques », comme l’a indiqué le porte-parole de la présidence le 11 novembre dernier.

Si le chef de l’Etat encore convalescent, se rétablit à son rythme sur la péninsule arabique, les dossiers ne font que s’empiler sur son bureau à Libreville. Parmi la paperasse, on compte les dossiers urgents qui ont besoin d’une célérité dans leur traitement. C’est pourquoi le premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a saisi, conformément à la loi fondamentale, la Cour constitutionnelle pour le traitement desdits dossiers et la gestion des affaires courantes. La plus haute juridiction du pays a ainsi habilité le 14 novembre le vice-président à présider les Conseils de ministres le temps de l’indisponibilité d’Ali Bongo pour évacuer ces dossiers.

Pour ce faire, la Cour présidée par Marie-Madeleine Mborantsuo a dû modifier les articles 13 et 16 de la Constitution pour permettre à Pierre-Claver Maganga Moussavou de pouvoir réunir le gouvernement dans les prochains jours. L’article 13 de la Constitution qui statue sur la vacance de pouvoir a été modifié pour reconnaître l’indisponibilité temporaire du président gabonais. « (…) En cas d’indisponibilité temporaire du président de la République, certaines fonctions dévolues à ce dernier peuvent être exercées soit par le vice-président de la République soit par le Premier ministre sur autorisation spéciale de la Cour constitutionnelle saisie par le Premier ministre ou un dixième des députés, des membres du gouvernement chaque fois que nécessaire », peut-on lire dans le nouvel alinéa joué à l’article.

Incertitudes

L’absence d’Ali Bongo au sommet de l’Etat nourrit les rumeurs les plus folles aussi bien à son sujet qu’à propos du fonctionnement des institutions républicaines. Ce jeudi 15 novembre, la BBC s’est prêtée au jeu en annonçant que la présidente du Sénat gabonais assurera l’intérim à la présidence de la République. Quelques heures plus tard, la radio britannique a supprimé l’article litigieux de son site internet.

Avant cet épisode de jeudi, quelques médias gabonais et étrangers avaient annoncé le décès du président Bongo. Cette information a été balayée par Ike Ngouoni Aïla Oyouomi. Le porte-parole de la présidence gabonaise avait reconnu dimanche le malaise d’Ali Bongo tout en indiquant que ce dernier se remet progressivement. On peut donc dire que la seule certitude à ce jour est que le fauteuil présidentiel est vide à Libreville depuis trois semaines.

Par Ange Atangana