Union africaine : Balbutiements autour de la validation des réformes 

Le 11ème sommet de l’institution panafricaine s’est achevé dimanche 18 novembre à Addis-Abeba. Plusieurs décisions relatives à l’administration de l’Union et aux cotisations ont été prises. Mais la réforme sur la taxe de 0,2% n’a pas été évoquée durant la rencontre. 

Ils étaient au total 22 dirigeants africains ayant fait le déplacement pour Addis-Abeba dans le but de participer au sommet extraordinaire de deux jours qui s’y est déroulé à leur endroit. Plus de la moitié des Etats membres ont brillé par leur  absence dont l’Égypte et le Nigeria considérés comme des poids lourds sur le continent. Mais cela n’a pas empêché les chefs d’Etat présents de tabler sur un certain nombre de réformes visant à rendre l’organisation plus efficace et indépendante.

Les réformes validées 

Au moment où l’Union africaine essaye tant bien que mal de se réformer, l’UA a fait un pas en avant sur son financement propre. L’organisation a finalement lancé son fonds pour la paix qui existe depuis 1993 mais n’avait jamais été abordé par les États membres. Ce fonds permettra à terme de financer 25% des opérations de soutien à la paix entreprises par l’organisation continentale.

Autre proposition de l’équipe Kagame validée durant ce sommet, la réforme de la commission. Les chefs d’Etat ont acté le principe de ramener de huit à six, le nombre de commissaires. Une réduction qui permettra de faire chaque année près de 500 000 dollars d’économie.

Seulement, ce sont les États membres qui continueront à les élire contrairement à la proposition de Paul Kagame qui avait souhaité qu’ils soient élus par le président de la Commission qui sera toujours lui aussi, élu par les chefs d’État.

Les candidats au poste suprême  de l’exécutif de l’UA passeront désormais pour leur part, par un processus digne du secteur privé : CV en ligne, profession de foi, débat télévisé et grand oral face aux dirigeants. Un nouveau mode de nomination qui favorisera plus de compétences et moins de politique.

Pour ce qui est des contributions de chaque pays membre, le président de la Commission s’est plaint de ne pas disposer d’un budget soutenable et prévisible à cause des mauvais payeurs. Pour remédier à ce genre de désagrément, l’Union a adopté un nouveau barème de sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de la participation d’un État aux travaux de l’institution. Mais pour ce qui concerne le nouveau barème des contributions, la question à été reportée au sommet de février de l’année prochaine.

Des consensus ont également été trouvés par rapport à la négociation post-cotonou avec l’Union européenne,  tout comme la réintégration des agences du NEPAD et du MAEP qui font à nouveau partie de l’UA.

La Taxe Kagame ne passe toujours pas

La Taxe de 0,2%, l’une des questions sensibles et très attendue de ce sommet n’a malheureusement pas été abordée lors des débats durant toute la rencontre. L’on se demande bien pourquoi, quand on sait que c’est l’une des mesures phares du projet de réformes de l’UA. Car elle permettra non seulement de financer le budget de l’Union, mais aussi 75% de ses programmes et 25% de ses opérations de paix. Malheureusement sa mise en œuvre qui revient aux États membres patine encore dans plusieurs régions du continent.

Même si toutes les réformes n’ont pas été atteintes à trois mois de la fin de son mandat à la tête de l’Union africaine, Paul Kagame et son équipe peuvent se sentir fiers des résultats obtenus jusqu’ici.

Par Hermine Anenigne