Business : Le commerce en ligne tarde à prendre un envol définitif en Afrique

Après un départ timide au début des années 2000, l’activité connait à présent une certaine évolution et pourrait même atteindre un chiffre d’affaires de 29 milliards de dollars US d’ici 2023.

La percée des Technologies de l’information et de la communication (TIC) avec en prime un meilleur accès à internet, a favorisé l’éclosion de nouveaux acteurs économiques en Afrique, spécifiquement dans le commerce en ligne encore appelé e-commerce. Cette activité telle que définie par les spécialistes, consiste à échanger  des biens et des services entre deux personnes ou à distance sur les réseaux informatiques, notamment via internet.

Face aux réticences des acheteurs qui se sont montrés très prudents au début pour diverses raisons, le commerce en ligne tarde encore à prendre un véritable envol en Afrique subsaharienne. Néanmoins, avec l’évolution aujourd’hui des mentalités, l’apparition d’internet dans les foyers, l’émergence d’une classe moyenne jeune et les facilités qu’il offre en termes d’achat, le concept fait de plus en plus partie des mœurs des populations de tous âges. Car sans se déplacer, on peut aisément effectuer tout type d’achat à distance dans le domaine de l’alimentation, les biens d’équipement, les vêtements, l’agriculture, les services de taxi ou encore les voyages et se faire livrer sur place.

Compte tenu de la demande sans cesse croissante, on assiste ces dernières années à un boom des sites de ventes en lignes nationaux et même internationaux sur le continent. Véritables niches d’emplois, ces espaces commerciaux virtuels proposent un peu de tout aux clients. L’activité parait d’ailleurs très lucrative au vue des chiffres qu’elle dégage. Une étude réalisée par le cabinet McKinsey & Company souligne que d’ici 2025, le e-commerce «pourrait représenter 10% des ventes au détail des plus grandes économies africaines et ce marché pèsera 75 milliards de dollars américains pour 600 millions de consommateurs actifs ».  Par ailleurs, selon un rapport de la firme de recherche Statista, « le commerce électronique a généré un revenu de 16,5 milliards de dollars en 2017 sur le continent africain ». En outre, d’après la même structure, l’activité devrait atteindre un chiffre d’affaires de 29 milliards de dollars d’ici 2023.

Sur le plan individuel, Konga, le leader de la vente en ligne au Nigeria également présent dans l’ensemble des pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, revendiquait par exemple en 2014, un chiffre d’affaires de plus de 50 millions de dollars. De quoi susciter les convoitises des 263 autres entreprises recensées sur le continent en 2017 dans le secteur du commerce électronique par Disrupt Africa.

Par Joseph Samuel Zoé

 

Commerce en ligne : Encore des entraves à surmonter

mon image (2)Malgré ses nombreux avantages, cette activité est freinée par certains paramètres socio-culturels, économiques et environnementaux qui mettent à mal les atouts que cette innovation apporte au tissu économique africain.   

Si la vulgarisation des TIC et le taux sans cesse croissant de la bancarisation dans les pays du nord ont  facilité l’essor du e-commerce, ce mode reste à sa phase embryonnaire malgré le taux de pénétration des TIC, internet ou encore le développement du mobil money.

Les raisons sont multiples. Tout d’abord, la pauvreté ambiante dont la conséquence est la réduction de la classe moyenne. La classe moyenne est celle sur qui se crée l’offre. En Afrique, celle-ci est très réduite à cause des économies dépendantes des exportations de matières premières. Depuis plusieurs décennies, la plupart des matières premières que l’Afrique offre connaissent une chute drastique, ce qui affecte le pouvoir d’achat et par conséquent diminue la densité de cette classe moyenne au fil des ans.

Par ailleurs, l’inconsistance de la classe moyenne ne constitue pas le seul frein à cette nouvelle forme de commerce. Il y a aussi l’adaptation de l’offre locale à pouvoir grappiller des parts de marché dans l’espace cybernétique. En somme, plusieurs opérateurs économiques africains préfèrent accroitre leur représentativité dans plusieurs villes plutôt que de s’atteler à développer un site de commerce de ces produits en ligne. Hors, cette option a l’avantage de réduire les charges locatives et le personnel.

Si le faible pouvoir d’achat et l’adaptation des opérateurs économique au e-commerce constituent des freins à l’éclosion de cette nouvelle forme de commerce, l’adressage des villes africaines restent le plus grand facteur limitant de cette innovation. Du fait  des constructions anarchiques des villes africaines, les adresses des habitants sont inexploitables. Cela a un impact sur les opérations logistiques qui sont un volet important du e-commerce. Cette situation est à l’origine de la réticence  de bon nombre de consommateurs vis-à-vis de cette option d’achat.

Pour ceux qui suivent la mouvance de l’évolution technologique, il se pose aussi le problème de la fiabilité des sites de e-commerce. Certains de ces sites ne sont pas protégés par conséquent, après une opération, le consommateur peut être victime du piratage de son compte bancaire par des cybercriminels  qui peuvent vider son compte sans son autorisation. Lorsque ce n’est pas le piratage du compte, c’est l’article qui n’est pas de bonne qualité ou alors est différent de ce qu’on a commandé.

Pour y remédier, les Etats africains doivent mettre un système d’adressage dans les villes pour faciliter les opérations de livraison, mieux organiser le secteur et mettre un encadrement juridique adéquat pour évacuer les réticences  que la plupart des consommateurs expriment vis-à-vis du e-commerce. Les Etats ont tout à y gagner du fait que ce secteur est un vivier important d’emplois, c’est aussi un levier important pour  l’amélioration de la consommation locale. Il permet par la même occasion de capter les devises étrangères puisque le commerce en ligne n’a pas de frontière.

Par Simon Metsengue

 

Avantages : Une kyrielle d’opportunités pour les acteurs

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Les plateformes de vente sur internet permettent autant aux clients de gagner en temps qu’elles nécessitent moins d’investissements pour les commerçants qui peuvent désormais toucher le plus grand nombre.

Avec un marché estimé à 400 millions de potentiels clients, l’Afrique représente aujourd’hui un marché fertile pour le commerce en ligne. Contrairement aux espaces de commerce classiques, ce marché virtuel offre un éventail de privilèges dont le but est de faciliter la vie aux consommateurs.

Ceux-ci n’ont plus besoin de faire d’interminables files d’attente, s’insérer dans les  bouchons ou encore courir le risque de se faire soutirer dans les centres urbains et autres espaces commerciaux. Ici, le commerce en ligne rompt la distance entre le marché et ses clients. Ces derniers se font désormais livrés à domicile et peuvent payer, selon la plateforme, avant ou au moment d’être livré.

Grâce à l’avènement du commerce en ligne, le client devient maître de son temps. Déjà, il n’a plus à se soumettre aux horaires d’ouverture/fermeture des magasins et peut donc faire ses emplettes à tout moment. De même, les magasins en ligne donnent la possibilité au client de réserver des articles. Une possibilité qui lui permet donc d’être moins confronté au risque de rupture de stock ou de ne pas retrouver l’article dont il a besoin.

Lorsque l’acheteur ne dispose pas suffisamment de fonds pour s’offrir le produit qu’il désire, cette option permet également que le magasin en ligne mette de côté ledit produit pendant un délai, le temps pour le client de rassembler les sous nécessaires pour entrer en possession de son bien. Ainsi, certaines plateformes de commerces numériques disposent d’un espace « Ajouter au panier » ou « Mettre de côté » pour permettre au client d’obtenir son produit le moment opportun.

Un marché en plein essor

Autant le commerce en ligne donne plus de facilités aux clients, de même il permet aux commerçants d’en tirer davantage profit. Pour les magasins et autres échoppes en ligne, se lancer dans le numérique est avantageux. Les boutiques en ligne sont faciles à créer, car ne nécessitent pas un important investissement comme sur le marché traditionnel. Elles fonctionnent pratiquement 24h/24 et peuvent enregistrer d’autres bénéfices venant par exemple des espaces publicitaires. Plus loin, le numérique leur permet de suivre leurs clients, en ce qui concerne leurs préférences, et surtout de couvrir une plus large zone géographique.

En 2017, le commerce en ligne a généré 16,5 milliards de dollars de revenus en Afrique selon un rapport de recherche de la firme Statista. Pour cette firme, le secteur devrait générer 29 milliards en 2022. Des chiffres qui prouvent que l’e-commerce prend une ampleur considérable sur le continent.

Par Ange Atangana

Uwider : Une solution à adopter
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La plateforme qui se veut universelle, vient réduire les entraves au commerce électronique camerounais à travers des offres innovantes.

« Le monde vous invite ». C’est le slogan de Uwider, le nouveau marché virtuel créé au Cameroun, mais qui se veut universel. Fonctionnel depuis quelques mois, il vient réduire les entraves au commerce électronique camerounais. La plateforme propose aux clients toute la panoplie de leurs magasins habituels, réunis en un seul marché accessible à tous et contrôlé par une cellule informatique hautement qualifiée, faisant ainsi face à d’éventuels cas de piraterie et d’arnaque.

Uwider permet également d’effectuer des achats diversifiés de plusieurs ordres : cosmétique, agro-alimentaire, culinaire, vestimentaire, maroquinerie, bâtiment, sanitaire, etc… Dans un même marché, l’acheteur y trouve ses coins favoris sans avoir à changer de lieu d’achat. Juste un clic à travers une connexion internet, son panier qualité est validé et disponible à volonté sous modalités prévues.

Comment ça marche?

Simple et pratique, Uwider est accessible à travers l’adresse www.uwider.com lorsqu’on dispose d’un terminal et d’une connexion internet. Il suffit pour les espaces marchands, de créer leur boutique dans laquelle sont données toutes les informations sur tous les produits en images et les prix correspondants. Une fois la demande effectuée, les vendeurs reçoivent une alerte de chaque commande approuvée de leur magasin et connaissent ainsi leur solde en caisse journalier, hebdomadaire ou mensuel selon les clauses arrêtées par le marché.

De même, le client peut créer un compte via un numéro mobile et renseigner les champs indiqués. Il peut également choisir de remplir son panier avec les articles sollicités sur une période et puis approuver la livraison à domicile en cliquant sur un des segments retenus à cet effet. Valider par la suite, le paiement de sa transaction se fait à travers l’un des opérateurs mobile money. Après ces étapes, le consommateur reçoit alors une alerte par e-mail ou Sms de la confirmation de sa commande payée.

Avec la mouvance des fêtes de fin d’année et les multiples activités, Uwider permettra à ses utilisateurs de gagner énormément en temps.

Par Rosine Ntonga

Commentaire:

Mieux profiter du e-commerce

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A l’heure où l’Afrique est désormais embarquée sans voie de retour dans le train de l’évolution technologique en ce début de 21è siècle, l’arrimage aux normes de la modernité s’impose et devient même un impératif pour ses populations. En effet, on ne saurait faire fi des nombreux avantages socioéconomiques qu’offre aujourd’hui le commerce en ligne, véritable émanation des progrès fulgurants des Technologies de l’information et de la communication (TIC) sur le continent. Car malgré les réticences observées au départ, motivées elles-mêmes par les craintes des consommateurs, l’activité s’est aujourd’hui taillée une place appréciable dans les mœurs locales. Mais seulement, le continent ne tire pas encore entièrement profit des nombreux privilèges que pourrait générer le commerce en ligne.

Il faut dire qu’au-delà des problèmes infrastructurels liés à l’approvisionnement en énergie et à l’accès aisé à internet, bon nombres d’Africains  sont encore récalcitrants au e-commerce. Alors qu’ils peuvent effectuer des achats à partir de chez eux ou de leur lieu de service et se faire livrer sur place, certains préfèrent encore se déplacer jusqu’au lieu de vente pour s’approvisionner. Ce qui représente une perte en termes d’énergie physique, de temps et même d’argent. Il est vrai que ces indociles jouent la carte de la prudence, craignant de tomber dans les pièges de l’arnaque régulièrement tendus par des filous propriétaires de faux sites de vente en ligne, ou alors qui ne vendent pas les produits de qualité.

C’est l’occasion d’appeler les Etats et les acteurs à plus de vigilance dans l’encadrement de ce secteur d’activités, qui génère désormais des milliers d’emplois sur le continent et représente en même temps, un chiffre d’affaires non négligeable. Comme le démontrent de nombreuses études prévisionnelles, exploité à bon-escient, le commerce en ligne pourrait au même titre que le mobile money, autre innovation technologique récente, contribuer au développement de l’Afrique de manière significative.

Par Joseph Samuel Zoé