Coupe de la CAF: Les leçons de la disqualification du deuxième représentant camerounais

Sans avoir joué, le pays a perdu un représentant à cette compétition de clubs cette saison parce que la finale de la coupe du Cameroun de football ne s’est pas disputée à temps.

Les finalistes de l’édition 2018 de la coupe du Cameroun de football sont connus depuis le 9 septembre dernier. L’affiche de cette année oppose Eding Sport de la Lékié à Lion Blessé de Foutouni. Mais le vainqueur de ce match ne disputera pas la prochaine coupe de la CAF (CC) comme il est de coutume. L’instance faitière du football africain ayant purement et simplement rejeté la demande d’engagement du deuxième club camerounais pour cette compétition.

Dans une correspondance adressée à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) le 24 novembre dernier, la Confédération africaine de football (CAF) reproche au Cameroun de n’avoir pas envoyé à temps le nom de son représentant. Il faut dire que c’est au terme de la finale de la coupe du Cameroun, que l’on devait être fixé sur la seconde équipe appelée à défendre les couleurs du pays à la CC. Mais jusqu’ici, cette rencontre qui marque habituellement la fin de la saison sportive sur le plan local, ne s’est pas déroulée.

Comme on a pu le remarquer ces dernières années, la finale de la coupe du Cameroun, présidée par le président de république, a toujours trainé jusqu’au mois de décembre pour des raisons de protocole d’Etat. Mais le déroulement de cette rencontre sportive était plus énigmatique cette année avec la tenue le 7 octobre, de l’élection présidentielle dans le pays. C’est d’ailleurs pour cette raison que les dirigeants de la Fecafoot avaient sollicité et obtenu auprès de la CAF, une dérogation spéciale d’un mois à partir du 14 octobre, pour communiquer au plus tard le 15 novembre, le nom du représentant.

Qu’est-ce qui a alors empêché l’organisation de la finale alors que Paul Biya, le président réélu a prêté serment le 6 novembre ? Plus de 48 heures après l’annonce de la CAF, les autorités sportives camerounaises n’ont fait aucune communication sur le sujet. Mais en président la 5ème réunion préparatoire de l’évènement le 22 novembre dernier, le ministre camerounais des Sports, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt, avait déjà reprécisé que c’est le Cabinet civil de la présidence de république qui arrête en dernier ressort la date de la finale. Seulement, ce service n’a pas tenu compte du fait que la CAF a anticipé l’organisation de ses prochaines compétitions interclubs, en raison du déroulement de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) prévue du 15 juin au 13 juillet 2019 au Cameroun.

D’après certains analystes, cette déconvenue aurait pu être évitée. Rien n’obligeant le président de la République à présider la finale de la coupe du Cameroun. En plus, chaque sortie officielle du chef de l’Etat nécessite la mobilisation d’un important dispositif sécuritaire dont la mise en place peut prendre du temps. Il aurait alors pu confier cette tâche à une autre personnalité du pays si son agenda s’avère être très chargé. Cela avait d’ailleurs déjà été le cas en 2011 lorsque Fovu de Baham avait remporté le titre face à Astre de Douala. La finale présidée par le Premier ministre s’était alors jouée au mois de juillet.

Par Joseph Samuel Zoé