Nobel de la paix: Le médecin congolais Denis Mukwege reçoit son prix

 

Longtemps engagé dans l’est du pays où il vient en aide aux femmes victimes des exactions des groupes armés, ce gynécologue a été retenu le 5 octobre dernier, aux côtés de l’Irakienne Nadia Murad, pour  l’ensemble de son œuvre. Les deux lauréats se partageront la bagatelle somme de 865.000 d’euros en guise de récompense entre autres.

Le médecin congolais Denis Mukwege a reçu hier lundi 10 décembre, son prix Nobel de la paix 2018 qui lui a été attribué le 5 octobre dernier conjointement avec l’Irakienne Nadia Mourad. Les deux lauréats avaient une fois de plus été récompensés pour leurs efforts visant à “mettre fin à l’emploi des violences sexuelles comme arme  de guerre”.

Celui qu’on surnomme « le réparateur des femmes » a débuté en 1996 lorsqu’il retourne dans son pays après une formation en gynécologie en France. Touché par le taux important des complications des accouchements en RDC, Denis Mukwege décide de s’établir dans un hôpital trois ans plus tard à Panzi (est).

Avec la situation sécuritaire tendue dans cette partie du pays, les femmes deviennent les premières victimes des groupes armés qui sévissent dans la région. Pour redonner espoir à ces femmes victimes de viol, le médecin se consacre donc à les « réparer » à travers des opérations chirurgicales à succès et de l’Evangile.

Préoccupation humaine

Se voulant le porte-parole des victimes des exactions des groupes armés, le natif de Bukavu à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) déplore la situation politique dans son pays où les attaques des rebelles sont récurrentes à l’est. Ainsi, lorsque le mandat de Joseph Kabila est arrivé à terme en 2016, le héros de Panzi était parmi les premiers à dénoncer « le glissement » orchestré par le président congolais. « Toutes les expériences montrent que plus un pouvoir dure, plus il y a des dérives totalitaires. Celui-ci a déjà fait quinze ans et deux mandats constitutionnels. Le bon sens serait qu’il passe la main », s’était-il insurgé.

Epris de justice et engagé pour servir l’humanité, Denis Mukwege, 63 ans, a déjà reçu nombre distinctions à travers le monde : Prix de la Fondation Roi Baudouin en 2011, récompensé par la Fondation Chirac en 2013, prix Sakharov du Parlement européen en 2014, prix de « Héros pour l’Afrique » décerné au Parlement européen de Bruxelles par la Fondation pour l’égalité des chances en Afrique (avec un chèque de 100.000 euros), etc. Il devient par cette occasion le premier congolais à recevoir cette récompense. Une distinction qui intervient donc à point nommé pour sensibiliser davantage sur les crimes sexuels commis durant les guerres.

Les Nations unies ont salué l’attribution de ce prix au Congolais. L’institution internationale estime qu’il “aidera à faire avancer le combat contre les violences sexuelles comme arme de guerre dans les conflits”.

Quant à Nadia Murad, co-récipiendaire de ce Nobel, elle est une jeune irakienne de 25 ans, qui a réussi en  2015 à s’échapper des mains des djihadistes de Daesh. Depuis son évasion, elle mène un combat pour les droits de l’Homme.

Le prix Nobel de la paix, qui consiste en une médaille d’or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 865.000 euros), est remis à Oslo en Norvège chaque 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l’industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896).

Par Ange Atangana