Cameroun : Qui sera le nouveau président de la Fédération nationale de football ?

L’assemblée élective est prévue ce 12 décembre. Les sept candidats retenus ont tous pour ambition de redorer le blason d’un football camerounais qui traverse des moments tumultueux depuis le départ de l’ancien président Iya Mohammed en 2013.  

La Fédération camerounaise de football (Fecafoot) aura bientôt un nouveau président. Il sera élu au terme de l’assemblée élective prévue ce mercredi 12 décembre à Yaoundé, en présence des représentants de la Confédération africaine de football (CAF) et de la Fédération internationale de football association (Fifa). Au total, sept candidats sont en lice. Si certains se dégagent nettement du lot et font office de favoris, les autres ne s’avouent pas vaincus d’avance et espèrent créer la sensation.

C’est le cas d’Emmanuel Bissong Egbe qui se présente comme le candidat de la paix et du vivre  ensemble dans le football camerounais. Il a pour slogan de campagne : « Ensemble nous gagnons ». Son approche électorale n’est pas très éloignée de celle de Daniel Mongue Nyamsi qui veut voir « le football autrement » au Cameroun. Cet inspecteur des douanes de 44 ans a axé son programme autour des trois points d’ancrage que sont l’éthique, l’équité et la transparence. Président de l’Association des clubs de football du Centre, Patrick Hervé Tchinda est également candidat. L’ancien footballeur pense plutôt que le problème du football camerounais se situe essentiellement au niveau du manque de ressources financières. De ce fait, l’ex agent de joueurs annonce qu’il apportera une cagnotte de 2 milliards de F CFA pour restructurer ce sport au Cameroun.

Les quatre autres candidats sont plus connus sur la scène sportive nationale. Soutenu par une bonne frange d’anciens footballeurs comme lui, Joseph Antoine Bell fait office de favori. Il pense qu’il est temps que quelqu’un d’intègre arrive à la tête de la Fecafoot. Ce qui contribuera à redorer le blason du football local et du Cameroun tout entier. De l’avis de plusieurs observateurs de la scène sportive camerounaise, l’ex gardien de but aura pour principal adversaire Mbombo Njoya Seidou. Cet ancien membre de la Fecafoot veut quant à lui mettre un terme à la léthargie qui dure depuis cinq ans au sein de cette structure. Pour une meilleure promotion du foot, il prône  la mise en place d’une nouvelle gouvernance qui pourra gérer la plus importante fédération du pays « comme une entreprise ».

A côté de ces deux mastodontes, Emmanuel Maboang Kessack, ancien footballeur qui a fait partie de l’épopée des Lions indomptables au Mondial italien de 1990 et Franck Happi, ancien président de clubs et d’associations de présidents de clubs, sont cités comme de sérieux outsiders.

Fin des tumultes

L’élection de ce 12 décembre devrait marquer la fin des turbulences au sein de la Fecafoot depuis le départ de Mohammed Iya en 2013, incarcéré depuis lors à la prison centrale de Yaoundé. L’l’instance faitière du football camerounais a ensuite été marquée par la désignation de deux comités de normalisation par la Fifa, chargés à chaque fois de remettre de l’ordre dans l’organisation juridique de la Fecafoot. C’est d’ailleurs cet imbroglio qui a conduit au débarquement le 23 août 2017 de Tombi à Roko Siriki, pourtant élu deux ans plutôt (septembre 2015) à la tête de la fédération.

Longtemps contestée par Abdouraman Hamadou et Joseph Antoine Bell, qui avaient saisi tour à tour la Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du Comité national et sportif du Cameroun ainsi que le Tribunal arbitral du sport (TAS), l’élection de l’ancien Secrétaire général de Fecafoot sera finalement annulée par la nouvelle équipe de la Fifa conduite par Gianni Infantino.

Rappelons que le nouveau président et les autres membres du comité exécutif de la Fecafoot seront élus au cours d’un scrutin uninominal à la majorité absolue. Seuls 66 des 91 délégués constituent le collège électoral de cette année (ligue de football professionnelle, corps de métiers et ligues spécialisées). Les 25 autres n’ayant pas été élus à temps.

Par Joseph Samuel Zoé