Electrification en Afrique: Des communes camerounaises se mettent à l’énergie durable

Le projet « Femmes et énergie durable » porté par le Réseau des femmes élues locales du Cameroun (REFELA-CAM) et dont le deuxième comité de pilotage international s’est ouvert ce 13 décembre à Yaoundé, vise à réduire le déficit énergétique que connait le pays.

Malgré son statut de deuxième potentiel hydroélectrique d’Afrique derrière la République démocratique du Congo (RDC), l’offre énergétique du Cameroun reste encore très faible. Selon les chiffres, moins de 30% de la population camerounaise à accès à l’électricité. La situation est plus criarde en zone rurale où environ 70% des personnes vivent dans le noir. Et quand bien même l’électricité est disponible, elle est d’une instabilité notoire marquée par des coupures intempestives d’énergie qui peuvent durer des jours et parfois même pendant plusieurs semaines.

Conscientes de cette faiblesse et soucieuses de palier à ce déficit énergétique qui plombe considérablement le développement économique de leurs localités et partant du pays, les femmes maires du Cameroun, regroupées au sein du REFELA-CAM, ont entrepris des initiatives dans le but de fournir à leurs populations respectives de l’électricité. Sous la coupole de leur présidente Célestine Ketcha Courtès, maire de la commune de Bangangté à l’ouest du pays, elles ont ainsi mis en œuvre le projet « Femmes et énergie durable : Appui au réseau des femmes maires du Cameroun ».

Le projet s’appuie sur la nouvelle loi sur l’électricité de 2011 et les différents textes sur la décentralisation de 2004, qui donnent la possibilité aux communes de s’investir dans la production décentralisée de l’électricité, principalement à base des énergies renouvelables. « Femmes et énergie durable » vise donc à renforcer les capacités du REFELA-CAM dans la mise en œuvre d’actions pilotes sur l’énergie durable dans 19 communes réparties dans les dix régions du Cameroun. Soutenu par des partenaires internationaux à l’instar de l’AIMF, la Fondation Veolia et l’ADEME mais également le FEICOM sur le plan local, il permettra d’installer des lampadaires et des mini-centrales solaires dans les communes concernées.

De l’énergie à profusion

Le projet se décline en trois phases. La première phase pilote est déjà effective dans les mairies de Bangangté et Fokoué dans la région de l’Ouest. 81 lampadaires seront installés dans la première localité et 40 dans la seconde. Par ailleurs, l’on prévoit la construction à l’hôpital de district de Bangangté, d’une centrale solaire photovoltaïque de 20,16 kWc qui pourra alimenter en énergie toute l’institution sanitaire, pour un coût de financement global de 740.000 euros (485 millions de F CFA).

Quant à la phase 2, elle bénéficiera à cinq communes (Moyo-Oulo, Mebgwi, Angossas, Afanloum, Mintom) et nécessitera un financement de 232,3 millions de Francs CFA. Concernant la phase 3 qui englobe 12 communes, des actions sont déjà engagées pour trouver les fonds nécessaires pour sa mise en œuvre. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du deuxième comité de pilotage qui s’achève ce 14 décembre à Yaoundé. Au programme : la tenue d’une session de renforcement des capacités des sept villes concernées ; l’harmonisation du niveau d’avancement du programme et des prochaines étapes ; l’établissement d’un programme consensuel des prochaines actions du programme ; l’assurance d’une meilleure visibilité de la mise en œuvre du programme.

La rencontre connait la participation particulière des partenaires financiers et celle de l’assistant technique international, le Sénégalais Babacar Ndiaye. Sont également attendus, le ministre camerounais de l’Eau et de l’énergie et son homologue en charge de la Décentralisation et du développement local.

Par Joseph Samuel Zoé