Télécoms : L’Afrique en marche vers le haut débit

Le taux de pénétration d’internet sur le continent est encore à un niveau faible d’à peine 28,6%. Mais ces dernières années, de nombreux pays font des efforts dans ce sens afin de booster le développement technologique local.

L’Afrique a dû attendre le début des années 2000 pour voir s’enclencher sa première révolution numérique, avec notamment l’arrivée massive sur son sol, d’opérateurs de téléphonie mobiles. Depuis lors, internet ne cesse de s’étendre sur le continent. Une forte utilisation surtout par la jeunesse africaine dans divers secteurs d’activités, prouve à suffisance que l’avenir du numérique c’est en Afrique. C’est la région du monde qui a le plus à gagner de la révolution numérique.

Si le taux d’accessibilité progresse sur l’ensemble du continent, les prix restent, eux, exorbitants dans certains pays. En effet, la majorité des internautes africains vivant au sud du Sahara se servent de leurs Smartphones pour se connecter au web. Mais seulement un quart de la population est couvert par une connexion mobile haut débit. En 2015 par exemple, 330 millions d’internautes y ont été recensés, soit un  taux de 28,6% de pénétration. Cependant, sur les 54 pays du continent, seuls le Maroc, l’Egypte et le Kenya ont affiché des taux de pénétration supérieurs à 60%. Des chiffres encore bien en deçà de ceux qu’affichent l’Europe et l’Amérique qui trustent les premières places de ce classement, avec des taux respectifs de 70,5% et 67% de leur population connectée à internet.

Aujourd’hui encore, les pays situés sur littoral, à proximité des câbles de fibre optique, ont un accès plus rapide à une connexion de fait moins chère. C’est le cas du Ghana (7$ par mois), l’Afrique du Sud (55$ par mois) ou encore Somalie (100$ par mois). À l’inverse, des pays comme le Tchad ou le Lesotho pratiquent des tarifs oscillant entre 600$ et 3000 $ par mois. Des disparités très importantes qui pourraient fausser l’essor de ce marché majeur.

Or en facilitant l’accès à internet haut débit au plus grand nombre, l’Afrique peut très vite devenir  pour elle, une source presqu’inépuisable de revenus. C’est donc face à ce constat, que de nombreuses initiatives sont à pied d’œuvre sur le continent, avec pour objectif d’outrepasser ces limites et de permettre au plus grand nombre de se connecter à internet.

Le nouveau marché africain

Depuis quelques années, des milliers de kilomètres de câbles sous-marins équipés de fibre optique sont en effet en train d’être déployés le long des côtes africaines, augmentant de façon substantielle la capacité de transmission des données et réduisant au passage, les coûts et le temps de transmission.

L’année 2018 semble une année charnière dans le développement de l’économie numérique en Afrique, surtout en ce qui concerne la fibre optique. Si donc à première vue, la fracture numérique qui handicape les pays d’Afrique est encore bien présente, celle-ci tend néanmoins à se résorber. Au Maroc, la première usine de fibre optique en Afrique a été installée à Tanger. Celle-ci se veut panafricaine et couvre une superficie de 31.000 m2.Elle a été inaugurée le 9 mai 2018. Pour les populations africaines, c’est une infrastructure qui permettra de satisfaire efficacement les demandes croissantes en câbles à base de fibre optique à travers toute l’Afrique.

C’est également en 2018 que le Gabon et le Congo ont établi leur interconnexion à un réseau internet très haut débit via un câble à fibre optique posé depuis Libreville jusqu’à la ville congolaise de Pointe-Noire. Au Cameroun, le pays fournit de plus en plus d’efforts pour disposer de câbles sous-marins et jouir aisément de l’internet via la fibre optique. Le 22 Mai 2018, la ministre camerounaise des Postes et Télécommunications, Minette Libom li Likeng, procédait à la pose du premier mètre du câble sous-marin de fibre optique. Le déploiement entamé se poursuivra donc de Kribià Fortaleza au Brésil.

Des initiatives similaires  se sont poursuivies dans plusieurs pays à travers le continent dont entre autres en Côte d’Ivoire, en Algérie, au Sénégal, au Togo, au Nigeria. Ces déploiements de backbones terrestres en fibre optique qui constituent un atout maître pour le Continent, pourraient s’accélérer en 2019. Car d’Ouest en Est et du Nord au Sud, des travaux sont effectués pour ramener la fibre dans les zones enclavées de l’Afrique, permettre l’accès à la bande passante et une couverture satellitaire dans les pays.

Hermine Anenigne