Réformes économiques : Le gouvernement camerounais exprime sa satisfaction

Selon autorités locales, le pays est sur la bonne voie au vue des résultats concluants de la troisième revue de l’accord en sa faveur au titre de la Facilité élargie de crédit  conjointement mise en place avec le FMI. Le programme est destiné à accompagner les réformes économiques et financières du gouvernement sur la période allant de 2017 à 2020.

Pour sortir de la récession économique dans laquelle il est plongé depuis 2014 après le double choc de la chute des cours de ses principales matières premières (pétrole, cacao, café, banane…) sur le marché international, et le déclenchement de la guerre contre le groupe terroriste Boko Haram, le Cameroun a adopté après approbation le 26 juin 2017 par le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), un programme économique et financier triennal (2017-2020) appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC).

Après le satisfecit marqué par l’institution de Bretton Woods le 17 décembre dernier pour l’ensemble des actions menées par le Cameroun dans le cadre des réformes en cours relatif à cet accord, le gouvernement camerounais à travers son ministre de la Communication, a rencontré la presse nationale et internationale le 27 décembre 2018 à Yaoundé, dans le but d’apporter des éclaircissements sur  la résilience et la solidité de son économie. En somme, l’évaluation des avancées économiques du pays sur les deux dernières années s’est faite sur la base de quatre principaux piliers à savoir :la consolidation budgétaire, la gestion de la dette, la stabilité monétaire et les réformes structurelles et institutionnelles.

 Clignotants au vert

En matière de consolidation budgétaire, les performances du Cameroun sont louables. « En effet, les efforts fournis par le gouvernement en terme de réduction du train de vie de l’État ont permis de réduire le déficit budgétaire de 6,5% en 2016 à 4,5% en 2017. Pour l’exercice 2018 qui s’achève, le déficit est projeté à 2,6%. Cette évolution de la réduction du déficit budgétaire s’inscrit dans la trajectoire définie dans le programme, qui prévoit une réduction du déficit budgétaire de 6,5% en 2016 à 1,7% en 2020 », a fait savoir le ministre camerounais de la Communication. Et Isaa Tchiroma de poursuivre : « Pour ce qui est de la mobilisation des recettes non pétrolières, malgré les perturbations économiques dans quatre des dix régions du Cameroun en raison des questions sécuritaires, les efforts du gouvernement sont jugés encourageants ». Les recettes de la fiscalité intérieure ont en effet progressé de 110%, soit 1.790 milliards de FCFA en 2017, première année de mise en œuvre du programme, contre 1.615 milliards de FCFA en 2016. Et les objectifs devraient être atteints en 2018 puisqu’à la fin du mois de novembre écoulé, 1.719 milliards de FCFA avaient déjà été mobilisés, soit 90% de l’objectif annuel fixé à 1.912 milliards de FCFA.

En ce qui concerne la gestion de la dette du pays, un ralentissement du rythme d’emprunt a été observé. En outre, le gouvernement camerounais a honoré ses engagements en termes de remboursement de la dette intérieure et extérieure du Cameroun. « Sur les 1.056 milliards de FCFA prévus au terme de l’année 2018, 1.040 milliards ont déjà été remboursés », renseigne le porte-parole du gouvernement camerounais. Les mêmes avancées ont également été observées au plan monétaire. Les mesures prises ici se sont traduites par une augmentation des avoirs extérieurs nets du pays de 15,5%, pour se situer à 1 milliard 970 millions de FCFA.

Concernant enfin les progrès en termes de réformes structurelles et institutionnelles, l’on apprend que deux importantes lois ont été adoptées au sujet de la gestion des entreprises publiques et établissements publics. Des textes ont également été signés cette année par le chef de l’Etat camerounais sur la gestion des finances publiques et dans le domaine de la gestion des marchés publiques.

En attendant la matérialisation

Le programme de réformes économiques et financières du Cameroun a été élaboré pour répondre aux objectifs du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) qui vise à réduire la pauvreté et le sous-emploi et à accélérer la croissance économique, dans le but d’atteindre le statut de pays émergent d’ici 2035. Mais malgré la sérénité actuelle affichée par le gouvernement, les effets tardent à se faire ressentir au niveau de la population. Le taux de sous-emploi n’a pratiquement pas reculé depuis un an et demi. De nombreuses PME aujoird’hui au bord de la faillite, restent en attente des paiements de leurs prestations auprès de l’Etat. Au niveau du panier de la ménagère, les  prix de certains de grande consommation continuent de grimper (riz, huile, tubercules…). Par ailleurs, on envisage dès 2019 la hausse de produits tels que le gaz domestique et la bière. De quoi laisser incrédules de nombreux Camerounais.

Par Joseph Samuel Zoé